dimanche 22 mai 2016

La Guinée présente au 6ème Salon des Solidarités à Paris !

Ouvert ce jeudi 19 mai 2016, le 6ème Salon des Solidarités, qui se tient au Parc des expositions, porte de Versailles, a pour vocation de rassembler et faire émerger des partenariats multisectoriels entre les acteurs de l'humanitaire et du développement (ONG, associations, collectivités, institutions, entreprises,…) et les citoyens toujours plus nombreux à participer. Notre pays a été représenté par la Plateforme Nationale de Plaidoyer et de Renforcement de capacités des ONGs (PRONG) qui a bénéficié d’un stand et d’une communication sur le thème ‘’Jeunesse et Solidarité climatique en Afrique, cas de la Guinée’’.

PRONG est une plateforme nationale diverse de la société civile rassemblant des organisations de défense et de plaidoyer de toutes les régions du pays autour du nouvel agenda de développement des Nations Unies.
Elle concentre son plaidoyer conjoint avec les organisations internationales en tant que plateforme de référence autour du suivi du nouvel cadre de développement des Nations Unies. Sa stratégie se traduit en un processus de compilation et de synthèse de contributions sur trois éléments primordiaux : Eradiquer la pauvreté, combattre les Inégalités sur toutes ses formes et faciliter l’atténuation des effets du Changement Climatique. Cette approche repose sur la « Vision » et le « But » du nouvel agenda Post-2015 des Nations Unies.
Organisé par l’Association Salon des Solidarités (SDS), qui est née de la rencontre des collectifs d’ONG ASAH (Association au Service de l’Action Humanitaire) et HUMANIS. Créée en 2007, l’association collégiale, à but non lucratif, a pour objet d’organiser la structuration du milieu associatif français par le biais de diverses actions et notamment à travers l'organisation du Salon des Solidarités. Sa vocation est de rassembler et faire émerger des partenariats multisectoriels entre les acteurs de l'humanitaire et du développement (ONG, associations, collectivités, institutions, entreprises,…) et les citoyens toujours plus nombreux à participer.
Le Salon se poursuit jusqu’au 21 mai prochain dans une ambiance de convivialité.

Depuis Paris, Kaba Ibrahima Sory


jeudi 8 octobre 2015

Débrouillardise à Conakry


Au niveau de chaque carrefour, des jeunes, dont l’âge varie entre 15 et 22 ans convertis en rabatteurs, s’activent à remplir chaque taxi qui se présente contre 500 Gnf. Ces jeunes, communément appelé ‘’Cokseurs’’ versent souvent dans l’abus en pénalisant les passagers pressés. Car, quand ils font rentrer un passager à bord d’un taxi, c’est comme un appât. Parce que le taxi ne bouge pas sans ses 500 Gnf et le chauffeur ne donne que si son véhicule est rempli. Donc, c’est le passager qui est pénalisé. ‘’Je fais ça pour subvenir à mes petits besoins que les parents ne peuvent prendre en charge. Si je ne vais pas en classe, je peux charger 20 à 30 taxis par jour vu la pléthore des Cokseurs. Sinon, avant on pouvait charger plus de 50 taxis par jour.’’, se décharge Amadou Oury Diallo, 19 ans, lycéen.


Les bordelais de Madina et les filles d’Avaria
Au marché de Madina, le  plus grand du pays, ‘’Avaria’’, où se vend les objets de seconde main ou avariés d’où son nom Avaria, et Bordeaux, nid des vendeurs de troisième main, forment une sorte de quadrilatère situé entre l’autoroute Fidel Castro, la route du Niger, la Sobragui, la plus grande brasserie du pays, et la gare routière nationale qui a été estropiée, question de diminuer le trafic afin de désengorger le coin qui était devenu trop restreint, d’il y a quelques années de cela pour être transporté à Matam.
A Conakry, si une fille n’a pas froid aux yeux et qu’elle parle sans complexe, on l’assimile souvent aux vendeuses d’Avaria. Car à Avaria, ce qui compte pour les vendeuses, que leurs produits soient écoulés. Un point c’est tout. Chaque vendeuse à son propre slogan pour écouler ses marchandises. De  passage, on ouïe, dans un brouhaha teinté d’ambiance, toute sorte de blague qui accompagne les marchandises. Mais ces slogans sont souvent chantés en Soussou, langue la plus parlée dans la capitale : Kha a gnon,  tina  amouna (si ça fini aujourd’hui, demain il y’en aura nulle part), Won m’mali dé,  n’gbata khi (aidez-moi, je suis pressé !), etc. Le tout accompagné de pas de danse ou de mouvement de corps juste pour mettre du tonus et de l’ambiance pour attirer plus de clients. On y aperçoit aussi des coiffeuses affairées et  autres maquilleuses. ‘’On travaille avec les grossistes, on n’a pas d’argent. Mais, il suffit juste d’être connu et crédible pour bénéficier de la largesse des grossistes. Nous, nous ne cherchons pas beaucoup d’intérêts. Raison pour laquelle nos marchandises s’écoulent vite. Moi, chaque jour, je prends la marchandise disponible au magasin pour la revendre. Car, personne n’a une marchandise fixe ici. Il faut faire avec. Tantôt c’est des habits, tantôt c’est  de l’alimentation générale.  Bref, on se débrouille avec ce qu’on a sous la main’’ explique Mamata Sylla, sourire aux lèvres, 23 ans.
Affairée entre ses produits cosmétiques et une cliente qu’elle tressait, Zenab Soumah, 25 ans, étudiante en droit des affaires ne tergiverse pas : ‘’Moi, je suis polyvalente. Je fais la coiffure, je maquille les gens et vend des produits cosmétiques. Quand je n’ai pas de cours à la Fac, je viens tuer le temps ici. Ce qu’on gagne ici n’est pas trop mais ça nous permet de boucher certains trous. Et, en tant que jeune fille, ça me rend indépendante des hommes. Car, de nos jours, la plupart des hommes  tripotent les filles pour des raisons pécuniaires. »

A ‘’Bordeaux’’  (Madina),  la quasi-totalité des jeunes branchés de Conakry s’y approvisionnent en vêtements, chaussures et pleins d’autres choses. A Bordeaux, il n’est point besoin de partir vers les revendeurs, il suffit juste d’y pointer son nez et vous êtes servi. Car, ici, la concurrence déloyale bat son plein. Avec une pléiade d’objets disponibles, on n’y rentre jamais et ressortir bredouille. Ne demandez surtout pas la provenance des marchandises. C’est strictement interdit. Ne dit-on pas qu’à chaque milieu ses règles de vie ? Tu veux, tu achètes et tu l’a ferme !
Pressé d’écouler les pantalons qu’il détenait, Facinet Diallo alias ‘’Nesta’’, 30 ans, diplômé en droit, nous confie : « nous nous ravitaillons chez les femmes  qui ouvrent les balles de friperie chaque jour. Nous prenons avec elles quelques habits et nous les revendons pour avoir des bénéfices. Il y a plusieurs catégories de débrouillards ici. Il y ‘en a qui revendent des téléphones de toute sorte et c’est parmi eux qu’il y a des fraudeurs. C’est-à-dire ceux qui monnayent des téléphones apparemment neufs, mais dont le moteur est complètement abimé. Et pire, s’ils te revendent, après quelques minutes, ils disparaissent de la circulation. Donc, si ce n’est pas par hasard, tu ne le reverras plus jamais. Il y a aussi d’autres qui revendent des ‘’Bourou bourouni’’ ou ‘’Gnama Gnama’’ (habits pour enfants). Ici, c’est un véritable ‘’Business Center. Moi, si ce n’est pas un boulot où on me paye à 5 millions de GNF, je ne vais pas ».
Kaba Ibrahima Sory

Le système D à Conakry : Les fonctionnaires taximen "Clando"

Pas facile de s’offrir un taxi à Conakry, notamment aux heures de pointes. C’est chose connue et vécue quotidiennement par les habitants de cette capitale qui  grandit à un rythme effréné.  Pas par manque d’argent. Loin s’en faut. La raison est simplement liée à la rareté des taxis. Le transport en commun n’étant pas assez développé au pays, le train de banlieue ne fait que deux voyages par jour faute de rail. Les rares bus et mini bus qui assurent le transport ne couvrent pas la demande. Les fonctionnaires  qui ont un moyen de déplacement ne ratent pas l’occasion de se convertir momentanément en chauffeurs de taxi. Il s’agit simplement de se faire quelques sous. Ils sont communément appelé ‘’Clando’’, expression dérivée du mot clandestin, autrement dit quelqu’un qui conduit dans la clandestinité. Précisons bien que certains le font par « générosité » et d’autres pour des questions pécuniaires. Ils ont un style propre à eux. Ils ne suivent pas les protocoles des taxis commis à la tâche. Eux, ils visent là où il y a beaucoup de passagers. Arrivés au niveau des passagers, Ils n’appellent personne. Comme il est de coutume ici à Conakry, dès qu’un véhicule, quel qu’il soit, ralentit, surtout aux heures de pointe, à la hauteur des nécessiteux, ils accourent directement et l’envahissent, ils s’engouffrent dedans et s’installent confortablement avant de demander son itinéraire. Cette catégorie de chauffeurs connus sous le nom de ‘’clando’’, toujours tirés à quatre épingles,  arguent souvent qu’ils cherchent le prix du carburant car leurs revenus ne couvrent pas tout leur besoins vitaux. Mais, attention, leur totem est déposer un passager devant un policier. Au risque de se faire immobiliser.
M. Kourouma, administrateur civil de son état, argumente qu’il prend les gens parce qu’il a pitié d’eux et qu’il y a trois ans de cela, il était dans la même situation que ces gens. Raison pour laquelle il ne peut pas quitter le bureau seul dans sa voiture et se rendre jusqu’à Tombolia, un quartier de la haute banlieue situé dans la commune de Matoto, sans prendre au moins 3 à 4 passagers à bord même s’ils vont payer. ‘’C’est un service que je leur  ai rendu’’, dit-il.

« Je fais le clando pour couvrir certaines dépenses car le salaire que nous prenons est dérisoire. Imagines, payer le loyer, la nourriture pour la famille, le carburant et autres besoins dans un salaire qui n’atteint même pas 2 millions et faire le patron en conduisant seul dans sa voiture du bureau jusqu’à la maison et vis versa, je trouve cela pas raisonnable et c’est franchement insupportable » confie M. Aboubacar Soumah, comptable.
Kaba I.Sory